Peut-on faire du troc et avoir une place dans la société ?

Un très beau stand (tout est déjà vendu, désolé)
Un très beau stand (tout est déjà vendu, désolé)

Le troc, c’est carrément ringard. J’ai un ami qui en faisait, j’ai rapidement coupé les ponts avec lui.

Accoudé à la table, Bernard nous regarde droit dans les yeux en remuant son café. « On va pas leur reprocher, hein. C’est tout à leur honneur, mais ça devient vite gênant comme pratique ». Ce chef de chantier quadragénaire ne décolère pas en nous expliquant comment il a du s’éloigner des proches qui se sont mis à fréquenter les vide-greniers et les trocantes. « Certains vont même jusqu’à installer des applis qui font ça toutes seules, c’est des malades ».

Pour Bernard, le troc est un mode de vie incompatible avec la consommation d’aujourd’hui, la consommation de masse. « Moi, j’aime acheter. Bon. Ça fait tourner l’économie. Mais eux avec leur troc, ils créent une économie parallèle. Personne les a acheté les objets qui viennent du troc. » Donc pas de place pour eux dans la société moderne.

Perso je troque et je me trouve tout à fait fréquentable.

Depuis le début de notre entretien, Léonard, troqueur depuis 1997 est resté silencieux. Il écoute Bernard terminer sa tirade. Quand on lui demande ce qu’il en pense, il répond simplement : « Bernard n’a pas besoin de faire du troc pour être infréquentable. »Sa compagne Magalie est à ses côtés. Ils se sont rencontrés lors de la première trocante annuelle de Gif-sur-Yvette. Pour eux, leur statut de troqueur ne change rien aux yeux de leurs amis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *